Hommage à Chris de Laurent (Un fan)

Publié le par Laurent

"Ce mercredi 17 mai, j'étais sur la route pour un weekend en famille en région parisienne. Dans l'autoradio, un disque gravé d'une douzaine d'albums MP3 : Musik Bank d'Alice In Chains, DEUS, At The Driving, Aqme... Au milieu de ces albums, deux oeuvres de Chris Cornell : le mythique Temple Of Dog, et un album d'Audioslave, "Revelation".

C'est que Cornell occupe une place de choix dans ma discographie. Pour moi c'est une valeur sûre, un artiste qui a toujours su rebondir et qui a encore une longue carrière devant lui.
J'ai découvert Nirvana à l'âge de 13 ou 14 ans (vers 1995-1996) et me suis rapidement interessé à d'autres groupes de la scène grunge et alternative : Pearl Jam, Sonic Youth, Soundgarden, Smashing Pumpkins, Red Hot Chili Peppers, Mudhoney ou Dinosaur Jr font partie des premiers disques que j'ai acheté.

C'est ainsi que j'ai découvert Soundgarden en 1996, peu avant la sortie de Down On The Upside dont j'ai passé des heures à essayer de comprendre les paroles alambiquées. L'album fait partie des premiers que j'ai acheté avec quelques Nirvana, Mellon Collie des Pumpins, Vitalogy de Pearl Jam (en cassette pour le coup !). C'est un album que j'apprécie particulièrement, sans doute le plus pop de Soundgarden et celui ou Cornell a le plus imprimé sa marque, conduisant finalement au split de Soundgarden. Comme beaucoup, j'ai également flashé sur le clip de Black Hole Sun qui passait beaucoup sur MTV. J'avais une copie cassette de Superunknown emprunté à la mediatheque de ma ville.

J'ai eu une connexion particulière avec Soundgarden, sans doute parce qu'ils sortaient beaucoup de clips en comparaison à Pearl Jam par exemple. Je me rappelle de longues après-midis passées à regarder les clips et les lives de soundgarden avant leur split que j'ai appris avec deception. Entre temps, je tombe sous le charme de Louder Than Love, un album qui me ramène dans le Seattle des années 80s. Depuis j'apprécie également le désormais culte badmotorfinger qui me semblait un peu trop métal à mon gout à l'époque.

Dans les années 2000 j'avoue avoir un peu déccroché avec le grunge : plus de nouvelles d'Alice In Chains, Pearl Jam a murit plus vite que moi et j'ai fait le tour de Nirvana. Mais je reste connecté avec Cornell et j'adhere complètement à son 1er album solo Euphoria Morning. J'écoute aussi Audioslave que j'ai la chance de voir en concert en 2005. Je reverrais Cornell en solo une dernière fois au détour d'un festival en 2007.

Entretemps je renoue avec mes premiers amours avec la reformation d'Alice In Chains. J'ai un regain d'interêt pour Pearl Jam ou Foo Fighters et d'autres groupes comme Screaming Trees que je connaissais assez peu finalement.

Je redécouvre Cornell comme homme clé du grunge de Seattle : respecté de tous (même Kurt Cobain qui n'aimait pas grand monde !), collaborant avec Pearl Jam, Mudhoney, Alice In Chains, Mother Love Bone. Si j'avais apprécié sa collaboration avec les ex-Rage Against The Machine, je crois que j'aime encore plus sa carrière solo (seule fausse note à mon sens, l'album Scream). Chris Cornell vieillit bien, tant physiquement que musicalement. Il a la trempe d'un artiste inusable que je compte voire évoluer pendant de longues années. La reformation de Soundgarden est une nouvelle incroyable : j'espère bien voir le groupe mais je passe à côté des concerts du Zenith (2012) et du hellfest (2014).

18 mai 2017. Après une après-midi deconnectée, le couperet tombe : Chris Cornell est mort. Je ne m'y attendais pas de la part de celui qui était pour moi un modèle, tant musicalement qu'humainement. J'avais déjà pensé que certains artistes fragiles comme Trent Reznor, Mark Lanegan, Mike Mac Cready ou endore Josh Homme pourraient nous quitter prématuremment. Mais des mecs comme Mike Patton, Eddie Vedder, Dave Grohl ou Chris Cornell sont d'une autre trempe de mon point de vue. Ce sont les Neil Young, Iggy Pop ou David Bowie de notre génération, des artistes que l'on verra viellir et tourner pendant encore 20 ans.

Du coup, la nouvelle est difficile à digérer. Je n'avais jamais pris de plein fouet la disparition d'une idole. Cobain était déjà mort quand j'ai connu son groupe, et la mort de Staley est passée relativement innaperçue à l'apoque.

J'ai bien pleurer la mort de Weiland fin 2015 mais il faut avouer qu'il était en bout de course depuis plusieurs années.

Bref une page se tourne, celle de mon adolescence et de mes héros d'alors. Reste le regret de n'avoir pas fait plus d'effort pour voir Soundgarden en live, une date manquée (1ère partie de Lenny Kravitz à Lyon en 2009 : je suis complètement passé à côté), de n'avoir pas vu, comme tous, le mal-être qui se dégageait de cet artiste. Reste surtout un héritage musical exceptionnel."

Merci pour ton blog et courage en cette période difficile.

Amicalement, Laurent,

Seattle Sound : Merci beaucoup Laurent, pour ce témoignage. Merci pour le partage. Que dire de plus, je suis vraiment émue de lire les récits des fans, c'est vraiment bon ce que vous écrivez. En cette période difficile, ça permet de dédramatiser et continuons de célébrer la musique par ce qu'elle accompagne nos vies.

Commenter cet article