L'histoire de Sub Pop
D’esprit farouchement indépendant Pavitt et Poneman vont se consacrer au punk rock, un genre qui prospère alors au sein de la musique alternative aux EU, notamment grâce à ses liens avec la scène hardcore. Le label Alernative Tentacles de Jello Biafra, le leader des Dead Kennedys, fleuron du punk/hardcore californien constitue d’ailleurs un modèle de fonctionnement pour Sub Pop. L’ambition est aussi de créer un univers alternatif identifiable à la façon de Motown ou SST.
L’apparition de Sub Pop dans le paysage musical américain est ainsi avant tout liée à la naissance de ce que les médias ont appelé le mouvement « grunge » dont Nirvana fut le fer de lance. Comme la Nouvelle-Orléans, Memphis, Detroit ou San Francisco avant elle, Seattle devient une ville avec un son distinct. « Nous nous basions sur le précédent établi par Tamla Motown à Detroit ou Stax à Memphis, dont les ingrédients sont l’émergence d’un mouvement issu d’une région en particulier et d’une organisation qui prend le relais, affine et perfectionne le produit. Et tout à coup voilà qu’apparaissent des dizaines de groupes originaires de la même région. Cela attire logiquement l’attention de la presse. C’est réjouissant de savoir qu’il y a un endroit au monde qui bouge, où ça foisonne. L’adolescent d’une petite ville peut se dire qu’il partira un jour pour Seattle afin d’y jouer avec un groupe et de se produire dans un club local » analyse Poneman dès 1989 dans le magazine Pulse. Pour lui le grunge est « une bourrée montagnarde pour yétis » bien identifiable, dont plusieurs reporters britanniques comme Everett True vont s’enticher à l’invitation de Sub Pop lui-même et contribuer à la reconnaissance de ce nouveau son.
Dans les années 89-94, Sub Pop va ainsi produire nombre d’albums comptant parmi les plus influents du rock indépendant des années 90 en surfant sur la vague grunge, avec notamment Tad, The Afghan Whigs, The Screaming Trees. Mais l’album emblématique du label est bien sûr le premier Nirvana, « Bleach » paru en 1989. Le grunge va ensuite vraiment exploser à la face du grand public en 1991 lorsque parait le deuxième mythique opus de Nirvana, « Nevermind », mais le groupe a déjà quitté le label pour Geffen Records. Les autres fers de lance du grunge de l’époque sont Alice in Chains avec le sombre « Dirt », Soundgarden (qui a signé sur A&M Records pour son troisième album « Badmotorfinger ») et surtout Pearl Jam, dont l’album « Ten » sorti également en 1991 chez Epic se vend à plus de 11 millions d’exemplaires dans le monde.
Source : http://www.pointsdactu.org/
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