Smells Like Grunges Spirit

Publié le par sly

Nouvelle Rubrique : Les Critique du Net sur le Seattle Sound

Et en voici, une qui encense Alice In Chains au dépend de Pearl Jam,...Bravo à l'auteur,...Même si je ne suis pas du même avis concernant Pearl Jam...Toutes les critiques sont bonne, tant qu'elle sont constructives....Sly


Paru le Samedi 10 Octobre 2009

Auteur : RODERIC MOUNIR

Source : http://www.lecourrier.ch/

Culture L'an dernier, Sub Pop fêtait ses vingt ans d'existence. Depuis la mort de Kurt Cobain en 1994 et la dissolution du grunge dans l'inconscient collectif, l'écurie emblématique a su se réinventer en allant dénicher les meilleurs rejetons de la l'alternative étasunienne actuelle (The Shins, Pissed Jeans, No Age, Fleet Foxes). Cette semaine, le cofondateur du label, Jonathan Poneman, a eu 50 ans, et si une réédition «deluxe» de «Bleach», premier album de Nirvana, annoncée pour novembre, doit marquer le vingtième anniversaire de cette œuvre séminale, on flaire plus l’exercice obligé que la rechute nostalgique.

Impression trompeuse? Possible, car au même moment, deux des plus populaires et lucratifs représentants du rock made in Seattle, Pearl Jam et Alice in Chains, font un retour en fanfare. Chez des majors, cela va sans dire, et non chez Sub Pop dont ils ne furent pas pensionnaires.

Les premiers n'ont jamais vraiment disparu et livrent leur neuvième album, intitulé «Backspacer». Quant aux seconds, personne ne les voyait revenir avec un album de la trempe de «Black Gives Way To Blue», tant la perte de leur chanteur charismatique, Layne Staley, mort d'overdose en 2002, avait paru fatale. On se souvient que Staley, indécrottable junkie blafard, de prime abord si friable, libérait un baryton d'une puissance phénoménale à la moindre apparition. Y compris lors du fameux «unplugged» arraché au groupe par MTV en 1996, pinacle et oraison funèbre. A charge alors de William DuVall, jusqu'ici chanteur et guitariste des illustres inconnus Comes With The Fall, de venir occuper le poste vacant depuis sept ans. Et le bougre s'en tire bien, tout en vocalises flamboyantes, singeant son modèle juste ce qu'il faut. Mais les honneurs, pourtant, reviennent principalement à Jerry Cantrell, l'homme de l'ombre, guitar-hero discret, compositeur redoutablement inspiré et véritable instigateur de ces harmonisations à plusieurs voix qui firent (et pourraient bien refaire) la gloire d'Alice in Chains. Son omniprésence - y compris au chant «lead» sur cet album - ainsi que la qualité des compositions fourbies pour ce comeback forcent le respect. Cantrell est un capitaine au long cours. Foncièrement «hard rock» – à quoi bon s'en cacher dès lors que l'étiquette grunge est obsolète –, Alice in Chains livre avec «Black Gives Way To Blue» un album aux bases robustes, happé par un enivrant tourbillon psychédélique. Ainsi des guitares acoustiques éthérées de «When The Sun Rose Again» et de la structure éclatée d'«Acid Bubble». «Check My Brain» et «A Looking In View» imposent eux leur pesanteur lancinante, tout en progressions chromatiques et en tempos enfoncés. L'album se clôt en beauté sur sa chanson-titre, une pause recueillie sur l'absence du cher disparu. Cliché, mais exécuté avec une sincérité totale, et le renfort inattendu d'Elton John au piano. Bienvenue parmi les vivants...

Pourquoi diable ne peut-on en dire autant des vétérans Pearl Jam? Parce que ceux-ci, déjà suspectés jadis d'avoir maquillé une propension au rock de stade pour s'arrimer à la comète grunge, ont choisi l'option «rétro toute»! Et sans la moindre distance. Les douze titres de «Backspacer» excèdent rarement trois minutes, la cadence est élevée, et la fameuse émotivié d'Eddie Vedder, bien qu'irritante, se fait désirer à force d'être enfouie sous les guitares: celles-ci dominent, mais à quelle fin? «Got Some» et «The Fixer» font croire à un exercice de mimétisme jeuniste (Kings of Leon, au hasard?). «Just Breathe», sirupeuse ballade, ou le pompier "Against The Waves», offrent dès lors un répit bienvenu, incapable pourtant de masquer l'incohérence de cet embarrassant fourre-tout.

Note : ALICE IN CHAINS, «BLACK GIVES WAY TO BLUE», (EMI). PEARL JAM, «BACKSPACER», (UNIVERSAL).

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